Immersion cécité : nos bons conseils

La Fête des Lumières édition 2016 touchait à sa fin hier soir. Après trois soirées immersives au cours desquelles je me suis glissée dans la peau d’une personne non-voyante, l’heure est au bilan. Récapitulatif des gestes ou lieux à prescrire si, vous aussi, l’expérience vous tente l’année prochaine.

  • Privilégier un accompagnateur plutôt que la canne blanche

Elle risque de vous encombrer mais surtout de devenir un danger pour vous et pour les autres. Avec la foule, un croche-patte est vite arrivé et à moins de vouloir casser des tibias toute la soirée, nous vous recommandons vivement de vous laisser guider par une personne de confiance pendant la Fête des Lumières. Il est très important de choisir quelqu’un en qui nous avons confiance car avec l’affluence et le bruit, le non-voyant doit pouvoir compter sur ses repères.

  • Toujours parler avec son guide

Une fois non-voyant, on se rend rapidement compte de l’importance des voix, celle de notre accompagnant spécialement. Que ce soit avec un professionnel ou un amateur, ne jamais rompre le contact me paraît essentiel surtout lorsque la foule s’épaissit et que les bruits viennent de toute part. Lorsque l’on est guide, il ne faut pas oublier que la seule chose à laquelle la personne non-voyante peut se fier, c’est notre voix. Un peu à la façon d’un repère, nous nous devons de leur parler sans cesse afin de ne pas perdre le contact et de ne pas briser la confiance.

  • Ne pas avoir peur de s’imposer

Vous n’avez bien évidemment pas à vous excuser de vous trouver dans la situation qui est la vôtre. Vous avez comme chacun le droit de venir profiter de ces festivités, voyant ou non. Les œuvres sonores demeurent par ailleurs nombreuses et votre guide se fera un plaisir de vous les décrire au mieux. Il m’était difficile les premiers soirs d’oser cirer « pardon » ne pensant qu’à la réaction que devaient avoir les gens en observant une non-voyante à la Fête des Lumières.

  • Préférez les quais pour vos déplacements

De façon générale, nous vous recommandons les quais de Saône pour passer d’une œuvre à l’autre plutôt que le cœur de la ville. Les pavés du Vieux Lyon tout comme le sol peu homogène de la rue de la République représentent une source de stress en plus qu’il vous est facile d’éviter en empruntant un autre itinéraire. Les quais sont larges, moins bondés, l’état de la route est bon (sauf sur le pont Bonaparte) et il y a moins de bruit, ce qui rendra plus facile la communication entre vous et votre guide.

  • Pour les guides : tout décrire et lui parler du moindre obstacle

Qu’il s’agisse d’un trottoir de 1cm de hauteur ou d’un trou de plusieurs centimètres dans le goudron, il faut jamais oublier que les détails qui nous paraissent évidents et visibles ne le sont pas pour la personne non-voyante. Avec le bruit et le monde autour, il vaut mieux être trop prudent que pas assez et donner toutes les informations nécessaires. Encore une fois, ce genre d’incident peut vite briser la confiance entre le « guide et le guidé », ce qui est capital dans un évènement d’une telle ampleur.

Manon Dognin et Selena Miniscalco

Image de Une : Manon Dognin apprend à guidée à la canne blanche par Catherine de l’association des chiens guides.

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