« J’ai entendu les Lumières »

Chose promise, chose due, j’ai vécu ma première soirée de Fête des Lumières dans la peau d’une personne malvoyante. Entre bousculade, fatigue et agacement, il m’a été difficile de profiter des festivités.

En ce premier soir de Fête des Lumières, il semble que le foule n’ait pas été aussi épaisse que dans mes souvenirs. Pourtant, après avoir masqué mes yeux et perdu mes repères, cette même foule devient tout de suite très oppressante. Rapidement, et sans doute par manque d’habitude, j’ai du mal à distinguer d’où viennent les conversations. Est-ce mes co-équipières qui s’adressent à moi ? Ou est-ce de parfaits inconnus qui râlent du fait que je sois sur le chemin ? Un peu des deux, à en croire les multiples coups qu’encaisse mon sac à main au fur et à mesure que j’avance dans la soirée et les gloussements amicaux de la personne qui me guide ce soir-là.

« C’est la plus belle attraction »

Petit à petit, l’expérience devient aussi épuisante que frustrante. Place des Célestins, les membres de mon équipe s’enthousiasment : « je pense c’est la plus belle attraction de la Fête ici, c’est sûr ! » Oh, que j’aimerais bien en convenir. Malheureusement, malgré leurs descriptions, je peine encore à mettre une image sur cet énorme cœur qui habite la place ces quelques jours. Je tente de me concentrer sur les descriptions de mes camarades d’Handilum mais mon esprit est ailleurs. Trop occupée à redouter une collision imminente, je parle beaucoup, beaucoup, comme pour étouffer ma crainte. De toute manière, je n’ai aucune façon de vérifier que l’on m’écoute vraiment. Il m’est alors difficile de profiter des festivités tant je ne songe à qu’une chose : « où est-ce qu’on est exactement ? »

Une version sonore de la Fête des Lumières

A défaut de pouvoir les voir, j’ai vécu cette première soirée en tentant de me fier aux sons et odeurs qui me percutaient. Si les odeurs de vins chauds, crêpes et autres collations venaient éveiller mes papilles, la musique résonnait, quant à elle, beaucoup trop fort pour mes petites oreilles. Rarement à mon goût, celle-ci avait bien du mal à me mettre dans l’ambiance et rajoutait même quelques fois un aspect stressant à la situation. Quoiqu’il en soit, nous avons été forcées de constater que durant cette première soirée, Handilum’ n’a rencontré aucune personne atteinte de cécité mais surtout aucune œuvre à caractère uniquement audiovisuel.

Je continuerai bien évidemment mon exploration masquée dès ce soir, cette fois en compagnie d’une personne non-voyante, que vous connaissez déjà, Pierre-Marie Michelli. Nos ressentis respectifs de cette deuxième soirée de Fête des Lumières 2016 sera à retrouver sur notre site dès ce week-end. Stay tuned !

Image à la une : la Gare Saint Paul, noire de monde au premier soir de la Fête des Lumières.

Manon Dognin

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