Ma première expérience en fauteuil roulant

Pour la préparation de la Fête des Lumières, j’ai décidé de passer une journée en fauteuil roulant. Entre les difficultés de déplacement et le regard des autres, l’expérience a été fatigante aussi bien physiquement que mentalement. Retour sur ma première journée, pas comme les autres.

Première difficulté : le trajet de mon appartement à mon école. Ces 500 mètres qui me paraissaient si simples les autres jours se sont transformés en un véritable parcours du combattant avec cette petite montée à laquelle je n’avais jamais fait attention. J’ai eu soudain l’impression de gravir le Mont Everest avec mon fauteuil. Habituellement, le petit trajet dure deux minutes. Aujourd’hui, il m’en aura fallu quinze et une souffrance pour mes petits bras encore peu habitués à supporter cet effort. Je n’aurais peut-être pas dû négliger les cours de musculation ! Arrivée devant le campus : seconde difficulté. Elle n’était pas physique mais mentale. Mes amies – complices de l’expérience – se sont empressées de me rejoindre. Pour ce qui est des autres étudiants, leurs regards étaient furtifs. Remplis de pitié, ils m’observaient du coin de l’œil, en galère avec mon nouveau moyen de transport. En classe, les questions affluent : « Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? ».

L’épreuve du métro a été, quant à elle, fort sympathique. Près de quinze minutes pour accéder à l’ascenseur après avoir laissé descendre deux femmes, ne pouvant visiblement pas prendre les escaliers à cause de leurs sacs de courses pesant une bonne centaine de kilos. Moment de flottement à l’ouverture des portes. Elles m’observent à travers la vitre. J’ai eu envie de hurler : « Vous voulez ma photo ?! » Lorsque l’ascenseur arrive, elles s’empressent de monter, se collant contre les parois pour tenter de me faire une place. Mais avec leurs sacs, impossible pour moi de rentrer à moins d’écraser leurs repas ou leurs pieds. Ma patience est poussée à son maximum, mais le pire reste à venir.

Le cauchemar des pavés

Désirant pousser les difficultés au maximum, mes complices ont eu la merveilleuse idée de me mener dans le quartier du Vieux Lyon – quartier typique de la Capitale des Gaules – entièrement recouvert de pavés. D’ordinaire si jolis et chaleureux, les pavés ont été mon pire cauchemar pendant toute la durée de ma balade. Les trous formés par l’usure m’ont permis de réaliser des montagnes russes en plein cœur de Lyon. Sympathique dites-vous ? Pas vraiment, le confort du fauteuil étant à revoir, mon dos et mes fesses ont souffert. Le blocage des roues dans les pavés aura bien failli me faire tomber de nombreuses fois. Mes réflexes n’étant pas réglés pour le fauteuil roulant, mes jambes se sont bloquées sur la chaussée pour m’empêcher de piquer du nez. J’avais honte de me servir comme ça de mes jambes, alors que j’étais censée être en totale immersion. Le tout, sous le regard des passants, visiblement insensibles à mes difficultés. Après le périple des pavés, un énième obstacle : le contournement des véhicules garés dans les rues du quartier. Le retour à la maison a été plus tranquille et le trottoir lisse en goudron, mon meilleur ami. Mes jambes engourdies ont ensuite bien eu du mal à me supporter. La Fête des Lumières promet d’être sportive et la foule risque de rendre cette expérience encore plus complexe…

Amélie Vuargnoz

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